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SIA 102: Comment calculer les honoraires d’un architecte en Suisse?

SIA 102: Comment calculer les honoraires d’un architecte en Suisse?

Lorsqu’un architecte prépare une offre d’honoraires en Suisse, une question revient rapidement : combien faut-il facturer pour le projet ?

La réponse ne peut généralement pas se résumer à un simple pourcentage du coût des travaux. Un mandat d’architecture peut durer plusieurs mois, parfois plusieurs années, et deux projets présentant un coût de construction similaire peuvent représenter des charges de travail très différentes pour le bureau.

C’est précisément dans ce contexte que la SIA 102 constitue une référence importante. Son intitulé officiel est Règlement concernant les prestations et honoraires des architectes. La version actuellement publiée par la SIA est l’édition 2020, valable depuis le 1er janvier 2020.

Important La SIA 102 n’est pas un barème obligatoire. Elle constitue une référence pour structurer les prestations, clarifier le mandat et fournir des bases de calcul des honoraires lorsque les parties choisissent de s’y référer.

1. La SIA 102 : de quoi parle-t-on exactement ?

La SIA 102 est publiée par la Société suisse des ingénieurs et des architectes. Elle encadre les prestations et les honoraires des architectes et sert notamment de cadre de référence pour structurer les relations contractuelles entre le mandant et le professionnel.

Historiquement, les règlements SIA contiennent des recommandations indicatives pour convenir des prestations et des aides au calcul des honoraires. Ils ne doivent toutefois pas être compris comme une grille de prix imposée à tous les architectes.

Pour un bureau d’architecture, l’intérêt principal est de pouvoir définir précisément ce qui est compris dans la mission. Pour le client, cela permet de comprendre ce qu’il achète réellement.

C’est un point fondamental : un montant d’honoraires n’a de sens que si l’on sait quelles prestations sont incluses.

2. Avant de calculer les honoraires, il faut définir le mandat

Deux architectes peuvent annoncer des honoraires très différents sans que l’un soit nécessairement trop cher. Tout dépend du périmètre de la mission.

Un mandat peut se limiter à une étude ou à un avant-projet. Il peut aussi couvrir l’ensemble du développement du projet, la coordination, les démarches administratives, les appels d’offres, l’exécution et le suivi jusqu’à la remise de l’ouvrage.

Avant de parler de prix, il faut donc répondre à une question simple :

Quelles prestations l’architecte doit-il réellement fournir dans ce mandat ?

Une fois ce périmètre défini, le calcul des honoraires devient beaucoup plus cohérent.

3. Pourquoi les projets d’architecture sont-ils organisés par étapes ?

Un projet architectural ne se réalise pas en une seule opération. Il progresse par séquences : études, définition du projet, autorisations, préparation de l’exécution, réalisation et clôture.

Cette logique permet non seulement d’organiser le travail, mais aussi de mieux suivre la rentabilité et la facturation du mandat.

Études Analyse, variantes et premières orientations.
Projet Développement et précision de la solution retenue.
Préparation Dossiers, coordination, appels d’offres et organisation.
Réalisation Exécution, suivi et achèvement du projet.

Selon le mandat, toutes ces étapes ne sont pas nécessairement confiées au même architecte. C’est pourquoi il est dangereux de comparer deux offres uniquement sur leur montant total.

4. La SIA 102 impose-t-elle un tarif obligatoire ?

Non.

C’est l’un des points les plus importants à comprendre aujourd’hui. La SIA 102 n’impose pas un prix fixe, un pourcentage obligatoire ou un barème unique applicable à tous les bureaux.

La SIA présente ses règlements comme des recommandations indicatives pour les conventions de prestations et des aides au calcul des honoraires. Certaines anciennes recommandations concrètes relatives aux honoraires ont d’ailleurs été abandonnées afin de respecter les exigences du droit de la concurrence.

En pratique, le montant des honoraires reste donc le résultat d’un accord entre les parties, construit à partir du mandat, des prestations, du temps nécessaire, du niveau de complexité et du mode de rémunération choisi.

Idée reçue Réalité
« La SIA impose un pourcentage fixe. » Non. Les honoraires sont convenus selon le mandat et les prestations.
« Deux projets à CHF 1 million valent les mêmes honoraires. » Pas nécessairement. La complexité et la charge de travail peuvent être très différentes.
« Il faut obligatoirement facturer selon la SIA. » Non. La SIA 102 sert de cadre de référence lorsque les parties choisissent de s’y référer contractuellement.

5. Les principaux modèles d’honoraires

En pratique, plusieurs approches peuvent être utilisées. Le bon choix dépend du type de mandat, de sa prévisibilité et du niveau de risque accepté par le bureau.

Méthode Avantage Point de vigilance
Temps consacré Reflète directement le travail réalisé. Nécessite un suivi rigoureux des heures.
Forfait Donne une bonne visibilité au client. Le bureau supporte davantage le risque de dépassement.
Référence au coût de l’ouvrage Permet d’obtenir rapidement un ordre de grandeur. Le coût de construction ne reflète pas toujours la charge réelle de travail.

6. Honoraires au temps consacré : comment raisonner correctement ?

Lorsqu’un mandat est rémunéré selon le temps consacré, le principe paraît simple : nombre d’heures multiplié par le taux horaire.

Mais le taux horaire ne correspond pas au salaire net de l’architecte. Il doit absorber l’ensemble des coûts nécessaires au fonctionnement du bureau : salaires, charges sociales, logiciels, locaux, assurances, administration, matériel, formation et temps non facturable.

Exemple simplifié
120 heures × CHF 160 = CHF 19’200 d’honoraires

Cet exemple illustre uniquement la logique d’un calcul au temps consacré. Il ne constitue pas un taux SIA recommandé ou obligatoire.

Si une partie du travail n’est jamais saisie, le bureau peut croire qu’un projet est rentable alors qu’il ne l’est pas.

7. Pourquoi suivre les heures même lorsqu’on facture au forfait ?

C’est probablement l’un des points les plus utiles pour la gestion d’un bureau.

Supposons qu’un mandat ait été vendu CHF 50’000 au forfait. Ce montant indique le chiffre d’affaires du projet, mais il ne dit rien sur sa rentabilité réelle.

Projet Honoraires Heures Honoraires / heure
Projet A CHF 50’000 300 h CHF 166.67
Projet B CHF 50’000 700 h CHF 71.43

Les deux projets génèrent exactement le même chiffre d’affaires. Pourtant, leur performance économique est complètement différente.

Suivre les heures permet donc de mieux fixer les honoraires futurs, d’identifier les phases régulièrement sous-estimées et de savoir quels types de mandats sont réellement rentables.

8. Le pourcentage du coût des travaux : utile comme repère, insuffisant comme méthode unique

Le secteur de l’architecture raisonne encore souvent en pourcentage du coût des travaux.

Cette approche peut être utile pour obtenir rapidement un ordre de grandeur, notamment au début d’une discussion avec un client. Mais elle ne doit pas faire oublier que le coût d’un ouvrage et la quantité de travail nécessaire ne progressent pas toujours de manière proportionnelle.

Un projet coûteux mais simple peut nécessiter moins d’heures qu’un projet plus modeste comportant de nombreuses variantes, contraintes administratives ou demandes de coordination.

Le pourcentage doit donc rester un indicateur parmi d’autres, et non une règle automatique.

9. Facturer par étapes plutôt qu’attendre la fin

Les projets d’architecture sont souvent longs. Attendre la livraison finale pour facturer l’ensemble des honoraires peut mettre inutilement la trésorerie du bureau sous pression.

Il est généralement plus sain de prévoir dès l’offre ou le contrat comment les honoraires seront facturés au cours du projet.

Offre d’honorairesAcceptationAcompteÉtapes du projetSolde

La clé est que le client sache dès le départ quand les factures arriveront et à quelles prestations elles correspondront.

10. Offre, heures et facturation : le trio à suivre ensemble

Un bureau rencontre rapidement des difficultés lorsque l’offre d’honoraires est dans un PDF, les heures dans une autre application et les factures dans un troisième système.

Plus le projet dure, plus il devient difficile de répondre rapidement à trois questions pourtant essentielles :

QUESTION 1
Combien avions-nous prévu ?
QUESTION 2
Combien avons-nous réellement travaillé ?
QUESTION 3
Combien avons-nous déjà facturé ?

Si obtenir ces trois réponses nécessite de consulter plusieurs outils, la gestion commence à devenir inutilement complexe.

11. Le vrai indicateur : la rentabilité avant la fin du projet

Beaucoup de bureaux découvrent qu’un projet a été peu rentable lorsqu’il est terminé.

C’est trop tard.

Un bon suivi doit permettre de détecter suffisamment tôt qu’un mandat consomme davantage d’heures que prévu. Cela permet alors de comprendre la cause : mauvaise estimation initiale, modifications demandées par le client, prestations supplémentaires, organisation interne ou complexité sous-évaluée.

Le bon réflexe

Ne comparez pas uniquement les honoraires prévus avec les factures émises. Comparez aussi les honoraires avec le temps réellement consommé par le projet.

12. Exemple complet : comment lire un projet

Indicateur Valeur
Honoraires prévus CHF 80’000
Honoraires déjà facturés CHF 45’000
Heures prévues 520 h
Heures déjà consommées 430 h
Avancement estimé du projet 60 %

À première vue, le projet semble normal : CHF 45’000 ont déjà été facturés sur CHF 80’000.

Pourtant, 430 heures sur les 520 prévues ont déjà été consommées alors que le projet n’est qu’à environ 60 % d’avancement.

C’est exactement ce type d’information qui permet au bureau d’agir avant que la rentabilité ne se dégrade davantage.

Conclusion

Comprendre la SIA 102, ce n’est pas apprendre un pourcentage à appliquer automatiquement à tous les projets.

C’est comprendre que les honoraires commencent par la définition précise du mandat, des prestations et du mode de rémunération.

La SIA 102 constitue un cadre utile lorsqu’elle est intégrée au contrat ou utilisée comme référence, mais elle ne remplace pas la négociation entre le bureau et le client.

Pour un bureau d’architecture, le véritable enjeu est ensuite de relier cette offre initiale à la réalité du projet : temps consommé, étapes réalisées, montants déjà facturés et prestations supplémentaires.

Plus cette information est suivie tôt, plus le bureau peut ajuster ses décisions avant la fin du mandat.

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FAQ – SIA 102 et honoraires d'architecte

Qu'est-ce que la SIA 102 ?
La SIA 102 est le règlement de la Société suisse des ingénieurs et des architectes consacré aux prestations et honoraires des architectes. Elle sert de cadre pour structurer les prestations et fournir des bases de calcul des honoraires.
Quelle version de la SIA 102 est actuellement disponible ?
La SIA 102:2020 est la version actuellement publiée par la SIA et est valable depuis le 1er janvier 2020.
La SIA 102 est-elle obligatoire ?
Non. Elle constitue une référence contractuelle et méthodologique. Elle peut être intégrée à un contrat ou utilisée comme base de travail, mais elle ne constitue pas un tarif légal obligatoire.
La SIA 102 impose-t-elle un pourcentage d'honoraires ?
Non. Elle ne fixe pas un pourcentage unique applicable à tous les projets. Les honoraires dépendent notamment des prestations convenues, de la charge de travail et du mode de rémunération choisi.
Pourquoi suivre les heures si le mandat est au forfait ?
Parce que le montant facturé ne suffit pas à connaître la rentabilité. Le suivi des heures permet de comparer la charge de travail réellement consommée avec celle estimée au moment de fixer les honoraires.
Peut-on facturer un projet d'architecture en plusieurs étapes ?
Oui. Une facturation progressive est particulièrement adaptée aux projets longs. Les modalités doivent idéalement être définies dès l'offre ou le contrat afin que le client sache à quelles étapes les montants seront facturés.

 

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