Organisation & administratif
Assurances pour indépendants en Suisse : lesquelles sont obligatoires et lesquelles sont vivement recommandées
1. Être indépendant, c’est aussi assumer ses risques
Lorsqu’on devient indépendant en Suisse, on gagne en liberté.
Mais on perd aussi un filet de sécurité : plus d’employeur pour couvrir les accidents, la maladie ou les litiges.
Beaucoup d’indépendants découvrent trop tard qu’une simple erreur, un accident ou une incapacité de travail peut fragiliser toute l’activité.
L’objectif de cet article est simple :
T’expliquer clairement quelles assurances sont obligatoires, lesquelles sont recommandées, et comment éviter les trous de couverture.
2. Ce qui est obligatoire… Et ce qui ne l’est pas
Contrairement aux salariés, un indépendant n’est pas automatiquement assuré.
Il n’existe que peu d’assurances légalement obligatoires.
Mais certaines deviennent indispensables dès que tu engages du personnel ou exerces une activité à risque.
C’est ce décalage entre liberté et responsabilité qui crée souvent la confusion.
3. L’assurance accidents (LAA) : obligatoire seulement dans certains cas
Si tu travailles seul, tu n’es pas obligé de t’assurer contre les accidents selon la LAA.
Mais dès que tu engages un employé, l’assurance accidents devient obligatoire.
Elle couvre :
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Les accidents professionnels.
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Et, en général, les accidents non professionnels des salariés.
Source officielle : SUVA – Assurance-accidents obligatoire en Suisse.
Même si elle n’est pas imposée au travailleur indépendant seul, ne pas être assuré contre les accidents est un risque majeur.
Une chute, une blessure, un arrêt de travail prolongé et plus aucun revenu.
4. L’assurance perte de gain maladie : le vrai point sensible
Un salarié malade continue de percevoir un salaire pendant un certain temps.
Un indépendant malade ne gagne plus rien.
C’est pourquoi l’assurance perte de gain maladie est l’une des plus importantes pour un indépendant.
Elle permet :
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De recevoir un revenu de remplacement.
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Après un délai d’attente choisi.
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Pendant une durée définie.
Elle n’est pas obligatoire légalement, mais fortement recommandée par toutes les caisses AVS et assureurs spécialisés.
5. La responsabilité civile professionnelle (RC pro)
La RC professionnelle couvre les dommages causés à un client ou à un tiers dans le cadre de ton activité.
Exemples simples :
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Erreur de conseil.
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Dommage matériel chez un client.
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Perte financière causée par une prestation défectueuse.
Dans certains secteurs (santé, construction, technique), elle est indispensable et parfois exigée contractuellement.
Même pour des activités digitales ou de conseil, une réclamation peut coûter cher sans couverture.
6. La protection juridique professionnelle
En cas de litige :
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Client qui refuse de payer.
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Fournisseur défaillant.
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Conflit contractuel.
Une assurance protection juridique permet :
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D’obtenir des conseils d’avocats.
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De couvrir les frais de procédure.
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D’éviter de renoncer à faire valoir ses droits par manque de moyens.
Elle n’est pas obligatoire, mais très utile dans une activité commerciale.
7. La prévoyance vieillesse : le 2e et 3e pilier
Un indépendant cotise au 1er pilier (AVS).
Mais il ne bénéficie pas automatiquement du 2e pilier.
Il peut :
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S’affilier volontairement à une caisse de pension.
-
Ou renforcer sa prévoyance via un 3e pilier.
Sans cela, beaucoup d’indépendants découvrent à 60 ans que leur rente future sera faible.
Source : Office fédéral des assurances sociales (OFAS).
8. Assurance choses et cyber-risques
Selon ton activité, il peut être pertinent d’assurer :
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Ton matériel professionnel.
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Ton local ou ton stock.
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Tes données et systèmes informatiques.
Les cyberattaques et pertes de données concernent aujourd’hui aussi les petites structures.
Ce risque augmente avec l’usage d’outils numériques et de facturation en ligne.
9. Comment choisir sans surpayer
La bonne approche n’est pas de tout assurer aveuglément.
C’est de partir de trois questions :
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Que se passe-t-il si je ne peux plus travailler trois mois ?
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Que se passe-t-il si un client me poursuit ?
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Que se passe-t-il si je perds mon matériel ou mes données ?
Les réponses déterminent les priorités.
10. Les erreurs fréquentes
Beaucoup d’indépendants :
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Repoussent ces décisions par manque de temps.
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Sous-estiment le risque maladie.
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Pensent que “ça n’arrive qu’aux autres”.
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Découvrent le problème après un incident.
La bonne nouvelle :
Une couverture adaptée coûte souvent moins cher qu’une seule mauvaise année sans revenu.
11. Sources officielles et vérifiables
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SUVA – Assurance-accidents obligatoire : suva.ch
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OFAS – Prévoyance vieillesse et AVS : bsv.admin.ch
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KMU Admin – Informations pour indépendants : kmu.admin.ch
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Caisses AVS cantonales : informations employeurs et indépendants
Ces portails sont publics et reconnus.
🧭 Conclusion
En Suisse, être indépendant signifie être libre et responsable de sa propre sécurité.
Accidents, maladie, litiges ou vieillesse ne préviennent pas.
Une couverture minimale bien choisie protège ton activité, ton revenu et ta tranquillité.
Mieux vaut une assurance claire aujourd’hui qu’une urgence impossible à gérer demain.